Le ministère égyptien du Pétrole et des Ressources minérales a annoncé la signature d’un important paquet d’accords d’exploration et de production d’hydrocarbures, pour un montant global dépassant 121 millions de dollars. Ces contrats, conclus avec trois acteurs majeurs du secteur – Parenco Egypt, Dragon Oil et Apache – couvrent des zones stratégiques allant du littoral du Nord-Sinaï jusqu’au golfe de Suez et au désert occidental.
L’accord conclu avec Parenco Egypt, filiale de l’Egypt Kuwait Holding, prévoit le forage de trois puits d’exploration offshore dans la zone du Nord-Sinaï. L’investissement total est estimé à 46 millions de dollars, avec un bonus de signature de 1 million de dollars. De son côté, la société Dragon Oil, basée à Dubaï, s’engage à forer trois puits dans le golfe de Suez, mobilisant environ 40,5 millions de dollars et versant un bonus de 4,5 millions de dollars à l’État égyptien. Enfin, l’américaine Apache a obtenu les droits d’exploration dans le désert occidental, couvrant cinq blocs et quatorze puits, pour un investissement évalué à 35 millions de dollars, accompagné d’un bonus de 25 millions de dollars.
Ces projets s’inscrivent dans une stratégie suivie de près par Le Caire depuis 2020 : multiplier les appels d’offres internationaux, attirer les capitaux étrangers et instaurer des règles claires pour ses partenaires. Face à la hausse de la demande intérieure en énergie et à l’essoufflement de certains gisements matures, le gouvernement égyptien a cherché à concilier sécurité d’approvisionnement domestique et maintien de sa capacité exportatrice. L’accent a été mis sur l’exploration en Méditerranée, dans le delta du Nil et dans les régions désertiques.
Les résultats sectoriels de cette politique sont tangibles. Alors qu’au début de la décennie l’Égypte devait importer du gaz pour couvrir ses besoins en période de forte consommation, le pays est parvenu, entre 2023 et 2024, à stabiliser son marché intérieur tout en renforçant sa position d’exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL). Aujourd’hui, l’Égypte se présente comme un véritable hub énergétique de la Méditerranée orientale, grâce à ses infrastructures par lesquelles transitent des volumes considérables de matières premières, faisant du pays un acteur incontournable de l’énergie régionale et mondiale.
Au-delà de l’aspect énergétique, ces accords revêtent une portée politique et économique plus large. Ils traduisent la confiance des investisseurs internationaux, confirmant que même en temps de turbulences mondiales, l’Égypte demeure capable de garantir un cadre fiable et transparent. De nouvelles rentrées en devises sont attendues, un atout crucial à l’heure où les fluctuations des prix mondiaux du pétrole et du gaz pèsent sur les économies importatrices et exportatrices. Pour Le Caire, ce cap stratégique permet également d’atténuer l’impact de chocs extérieurs, comme une baisse des recettes issues du canal de Suez, qui reste pourtant l’une des principales sources de revenus du budget national.
À moyen terme, entre 2025 et 2027, les projets lancés pourraient aboutir à de nouvelles découvertes d’hydrocarbures et à une augmentation sensible de la production, compensant ainsi le déclin des gisements arrivés à maturité. L’Égypte y verrait non seulement un renforcement de son indépendance énergétique et de ses finances publiques, mais aussi une consolidation de son rôle géopolitique : le pays s’impose désormais comme un carrefour énergétique reliant l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe.
