La Banque africaine de développement (BAD) a officiellement validé son nouveau Document de Stratégie Pays (DSP) pour la Namibie pour la période 2025–2030, accordant à l’État un important financement de 1,78 milliard USD. Ce montant constituera la base d’un vaste programme de transformation socio-économique touchant les infrastructures, le marché du travail et le développement durable.
Cette décision s’inscrit dans la stratégie globale de la BAD visant à renforcer la coopération régionale et à consolider les moteurs internes de croissance, dans un contexte marqué par une forte turbulence géopolitique et un ralentissement économique mondial. Selon les documents publiés, les fonds seront orientés en priorité vers les infrastructures de transport et d’énergie, la modernisation des ressources hydriques ainsi que le développement du capital humain.
Dans un entretien accordé à TrendsNAfrica, Muno Mupotola, directrice générale adjointe de la BAD pour l’Afrique australe, a rappelé que ces investissements ne visent pas à combler des déficits budgétaires, mais à créer une valeur ajoutée durable — notamment en améliorant la compétitivité de la Namibie au sein de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf / AfCFTA).
Les projets liés à la logistique demeurent au cœur des priorités financières de la BAD. Face au rôle croissant de la Namibie comme pays de transit, la Banque prévoit de soutenir l’extension des corridors stratégiques et la modernisation des infrastructures portuaires. Parallèlement, un appui sera consacré aux programmes visant à améliorer l’accès à une énergie fiable, y compris issue de sources renouvelables — un enjeu crucial à l’heure des risques climatiques et à l’approche du lancement de la production pétrolière namibienne à l’horizon 2030.
Une attention particulière est portée à l’infrastructure hydrique. La Namibie figurant parmi les pays les plus arides du monde, l’accès durable à l’eau représente pour elle une question de sécurité nationale autant qu’un facteur essentiel pour la vie quotidienne de la population.
Autre pilier majeur du DSP : la création d’emplois et le renforcement de l’éducation. La BAD annonce ainsi le lancement de programmes intégrés de soutien aux petites et moyennes entreprises, en particulier dans les domaines de la formation technique, de l’entrepreneuriat des jeunes et de l’autonomisation économique des femmes.
L’objectif est clair : réduire un chômage des jeunes qui dépasse officiellement les 40 %, et générer des revenus durables dans les zones rurales et éloignées. Ces actions s’inscrivent directement dans les priorités nationales de la Namibie ainsi que dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine, en posant les bases d’une nouvelle architecture sociale.
Il convient de noter que le Document de Stratégie Pays a été élaboré en étroite coopération avec les principaux ministères et institutions namibiens. Cette démarche garantit l’absence de tout « agenda imposé » et affirme le rôle de la BAD non pas comme un simple bailleur, mais comme un partenaire à part entière, prêt à partager les risques et à mobiliser des ressources additionnelles en cas de besoin.
Un tel modèle de collaboration renforce non seulement la souveraineté de la Namibie, mais consolide aussi la confiance du secteur privé et des investisseurs internationaux.
Dans un contexte où plusieurs économies africaines subissent une pression persistante et où la finance mondiale demeure instable, les actions de la BAD apparaissent comme un geste particulièrement opportun, contribuant au renforcement de la stabilité macro-économique et de la cohésion sociale dans une région stratégique du continent.
L’exemple namibien montre comment la combinaison d’investissements dans les infrastructures, de programmes de développement du capital humain et d’ingénierie financière peut offrir une voie de sortie face à l’inertie économique. L’appui accordé par la Banque africaine de développement ne représente pas seulement une injection de capitaux, mais un investissement dans l’architecture économique et sociale durable de l’avenir namibien.
