L’Afrique du Sud lance la construction du plus grand centre de stockage d’énergie du continent

La République d’Afrique du Sud a franchi une étape majeure dans la modernisation de son système électrique. Dans la province du Cap-Nord, les autorités ont donné le coup d’envoi de la construction d’un vaste complexe de stockage d’énergie qui devrait devenir le plus important du genre en Afrique.

Baptisé Oasis 1, le projet prévoit l’implantation de trois clusters de batteries sur les sites d’Aggeneis, de Mookodi et de Nieuwehoop, pour une puissance totale de 257 mégawatts et une capacité de 1 028 mégawattheures. Cette infrastructure permettra d’assurer un cycle continu de quatre heures d’alimentation stable du réseau, en absorbant les pointes de consommation et en compensant les fluctuations de production des centrales solaires et éoliennes particulièrement nombreuses dans la région.

Le chantier est porté par un consortium international dirigé par la société française EDF, aux côtés de la sud-africaine Mulilo Energy Holdings, de Copenhagen Infrastructure Partners, de Pele Green Energy et de Gibb Crede. Les technologies de batteries seront fournies par la société chinoise Envision Energy, tandis qu’un contrat d’achat d’électricité sur 15 ans a déjà été signé avec la compagnie publique Eskom. Le financement du projet a été bouclé en novembre 2024, ce qui a permis de lancer, en septembre 2025, les premiers travaux de préparation : défrichage des sites et pose des fondations des futures installations.

Pour l’Afrique du Sud, l’enjeu est capital. Le pays subit depuis des années des coupures de courant récurrentes, conséquence de centrales à charbon vieillissantes et d’un déficit de capacités de réserve. L’arrivée de systèmes de stockage d’énergie devrait permettre de réduire significativement le load shedding, au bénéfice des entreprises, des transports et des ménages. Ces investissements renforcent aussi la confiance des bailleurs et montrent que l’État, de concert avec le secteur privé, cherche à apporter des réponses durables à la crise énergétique. Sur le plan technologique, Pretoria acquiert une expérience précieuse, qui pourrait inspirer d’autres pays africains confrontés aux mêmes défis.

Il est important de souligner que ce projet s’inscrit dans une stratégie de transition énergétique à long terme. L’Afrique du Sud mise fortement sur les énergies renouvelables, tout en préparant l’extension de la production gazière et en envisageant la construction de centrales nucléaires de nouvelle génération. L’expérience des pays européens ayant parié exclusivement sur les renouvelables, sans disposer d’infrastructures de stockage suffisantes, confirme qu’il est impossible de stabiliser un réseau sans solutions hybrides combinant diverses sources d’énergie.

Les coupures massives d’électricité en Espagne et au Portugal, ou encore l’envolée des prix de l’énergie en Allemagne, rappellent que miser uniquement sur le charbon, le gaz ou le solaire comporte des risques majeurs. Seule une approche équilibrée, associant génération traditionnelle, énergies vertes et capacités modernes de stockage, peut garantir une alimentation stable et durable. À ce titre, l’Afrique du Sud joue un rôle pionnier, ouvrant la voie pour un continent où le potentiel solaire et éolien est immense, mais reste encore largement inexploité faute d’infrastructures adaptées.

Le lancement du chantier Oasis 1 apparaît donc comme un symbole fort : les pays africains passent de plus en plus des discours aux actes, en investissant dans des projets concrets capables de transformer leurs économies et d’améliorer la vie quotidienne de millions de citoyens. Pour l’Afrique du Sud, il s’agit aussi de restaurer la confiance de la population dans un secteur énergétique longtemps perçu comme synonyme de crise et de frein au développement.

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