Le plus important projet industriel privé jamais envisagé au Zimbabwe s’apprête à voir le jour sous l’impulsion de l’un des entrepreneurs les plus influents du continent africain. Econet InfraCo, la branche infrastructurelle du groupe Econet fondé par le milliardaire zimbabwéen Strive Masiyiwa, a annoncé son intention de développer un parc industriel de 300 hectares à proximité immédiate de l’aéroport international Robert Mugabe, à Harare.
Ce projet d’envergure, qui prévoit également la construction d’un centre de données de grande capacité ainsi que d’une centrale solaire intégrée, ambitionne de devenir un puissant catalyseur pour l’attraction des investissements étrangers et la création de dizaines de milliers d’emplois, posant ainsi les fondations d’un nouveau modèle d’industrialisation pour le pays.
Rendus publics au début du mois de janvier 2026, les contours du projet traduisent une rupture nette avec le concept classique des zones industrielles. Selon le directeur général du groupe Econet, Douglas Mboweni, le parc a été conçu comme un hub logistique et productif intégré, destiné en priorité aux entreprises orientées vers l’exportation et à l’industrie légère, lesquelles pourront tirer pleinement parti de la proximité des grands axes du fret aérien international.
L’un des principaux avantages compétitifs du site résidera dans l’offre de services dits « clé en main » proposée aux entreprises installées : un approvisionnement énergétique garanti grâce à une centrale solaire en cours de construction d’une capacité de 100 mégawatts, un accès sécurisé à l’eau, ainsi qu’une connexion Internet à haut débit. Cette approche permettra aux investisseurs de démarrer leurs activités dans des délais très courts, sans avoir à assumer eux-mêmes le lourd fardeau des infrastructures de base — un facteur décisif dans le contexte économique zimbabwéen.
Le financement et la gestion du projet sont assurés par une entité nouvellement créée, Econet InfraCo, officiellement détachée de l’opérateur mobile Econet Wireless Zimbabwe en décembre 2025, dans le cadre d’une vaste restructuration du groupe. Cette société regroupe désormais l’ensemble des actifs infrastructurels d’Econet, notamment les tours de télécommunication, les réseaux de fibre optique et les systèmes d’alimentation énergétique.
À court terme, la direction prévoit l’introduction d’InfraCo à la Bourse de Victoria Falls (VFEX), une place financière libellée en dollars américains et spécialement conçue pour attirer les capitaux internationaux. Cette opération vise à révéler la valeur réelle des actifs du groupe et à mobiliser de nouvelles ressources financières, non seulement pour le parc industriel, mais également pour d’autres projets d’infrastructure ayant reçu l’aval personnel de Strive Masiyiwa.
L’impact économique et social attendu de cette initiative est considérable. Pour un pays dont l’économie a longtemps été fragilisée, la création d’une zone industrielle moderne, dotée d’infrastructures logistiques et énergétiques fiables, envoie un signal fort aux milieux d’affaires mondiaux. Le projet contribuera directement à la diversification de l’économie, au développement des secteurs productifs et logistiques, tout en créant des synergies avec les entreprises déjà présentes sur le territoire national.
Au-delà de ses retombées économiques, le projet illustre de manière exemplaire ce que l’on pourrait qualifier de « patriotisme d’investissement » : un engagement stratégique des élites économiques locales en faveur de l’avenir de leur propre pays. À ce titre, l’initiative de Masiyiwa constitue une référence inspirante pour de nombreux entrepreneurs à travers le continent africain.
Dans une perspective géopolitique plus large, cette démarche s’inscrit dans la dynamique de renforcement de la souveraineté économique africaine. Plutôt que de dépendre exclusivement de financements extérieurs ou de conditions contraignantes imposées par certaines institutions financières internationales, le Zimbabwe choisit de stimuler sa croissance par la mobilisation de son capital privé national.
Le succès de ce projet pourrait ainsi faire école dans la région, démontrant que la combinaison d’un esprit entrepreneurial affirmé, de technologies modernes et d’une planification stratégique cohérente permet de surmonter les obstacles structurels à l’investissement et au développement. Le lancement de la première phase des travaux a déjà été annoncé. Si les délais précis d’achèvement et le budget global n’ont pas encore été rendus publics, une chose est d’ores et déjà évidente : le parc industriel d’Econet InfraCo est en passe de devenir l’un des projets d’infrastructure les plus marquants du Zimbabwe — et de l’Afrique australe — au cours de la prochaine décennie.
