Au tout début de l’année 2026, une avancée majeure a été annoncée dans le domaine des infrastructures africaines : la Corporation financière africaine (AFC) est parvenue à structurer le financement d’un projet stratégique d’envergure dans le sud du continent. Il s’agit de la ligne ferroviaire de Lobito, située sur le territoire angolais et intégrée à un corridor de transport transcontinental reliant les océans Atlantique et Indien. Le nouvel accord d’investissement, conclu avec la participation de partenaires internationaux et régionaux de premier plan, pourrait marquer un tournant décisif — non seulement pour la modernisation du système logistique de l’Angola, mais aussi pour le renforcement de l’intégration régionale et le développement des échanges commerciaux en Afrique australe et centrale.
Construite à l’époque coloniale, la ligne ferroviaire de Lobito relie traditionnellement le port côtier du même nom aux régions intérieures du pays, avant de s’étendre jusqu’aux frontières de la République démocratique du Congo et de la Zambie. D’une longueur de plus de 1 300 kilomètres, son potentiel logistique est considéré comme stratégique non seulement pour l’Angola, mais pour l’ensemble de la région d’Afrique australe. Toutefois, des décennies de dégradation, de sous-investissement et de faible coordination régionale ont plongé cette artère dans un état de déclin prolongé. La situation a commencé à évoluer avec le regain d’intérêt manifesté par la Chine, l’Europe et plusieurs États africains. Dans ce contexte, c’est précisément l’AFC qui a joué un rôle déterminant en traduisant les projets de réhabilitation en actions concrètes.
Selon les données communiquées par l’AFC, la consolidation d’un financement structuré de plus de 300 millions de dollars américains a été finalisée au cours des dernières semaines de l’année 2025, ouvrant ainsi la voie à une modernisation à grande échelle de la ligne ferroviaire. Le projet ne se limite pas à la réhabilitation des voies : il prévoit également la création de l’ensemble des infrastructures logistiques et de chargement nécessaires, incluant des terminaux, des dépôts de maintenance, des systèmes de communication et une gestion moderne du trafic ferroviaire. Fait notable, des bailleurs internationaux et des investisseurs privés se sont joints à l’initiative. L’AFC agit en tant que coordinateur, architecte financier et garant de l’utilisation ciblée des fonds, renforçant ainsi la crédibilité du projet auprès des capitaux internationaux.
Le poids stratégique de l’initiative est renforcé par l’intégration du projet de la ligne de Lobito dans l’agenda de la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA), ainsi que dans les priorités de développement de l’Union africaine. Dès à présent, des mécanismes d’interconnexion entre la ligne angolaise et les réseaux ferroviaires de la Zambie et de la République démocratique du Congo sont en cours d’élaboration à travers des accords interétatiques. Cette dynamique marque les premiers jalons de la constitution d’une véritable artère transafricaine, avec une ouverture vers les ports orientaux du Mozambique et de la Tanzanie. Ce corridor de transport acquiert une importance particulière dans le contexte de la volonté croissante des pays africains de réduire leur dépendance aux routes d’exportation contrôlées par des opérateurs extérieurs et de privilégier des liaisons horizontales à l’intérieur du continent.
Il est significatif que le développement de la ligne de Lobito soit envisagé non seulement comme un projet d’infrastructure, mais aussi comme un puissant catalyseur de croissance économique pour tout un groupe de pays africains. Selon les estimations de la Banque africaine de développement, l’exploitation complète du potentiel de cet axe pourrait entraîner une augmentation du PIB de l’Angola de 1,5 % au cours des trois prochaines années, grâce à l’intensification du commerce intérieur, à l’exportation accrue de ressources minérales depuis les zones frontalières et à l’afflux d’investissements privés dans les secteurs minier et agricole. Dès le début de l’année 2026, des procédures d’appel d’offres seront lancées pour la construction de pôles logistiques et de nouveaux terminaux, avec une priorité accordée aux entreprises angolaises et africaines. Cette approche crée des conditions favorables à l’emploi, au transfert de technologies et à un effet durable de localisation de la production.
Dans un contexte de concurrence accrue entre les acteurs mondiaux pour l’accès aux ressources de l’Afrique australe et centrale, le projet de Lobito s’impose comme un symbole d’une nouvelle approche souveraine du développement. Le rôle central de l’AFC en tant que noyau institutionnel de ce processus démontre que l’Afrique est en mesure de mobiliser ses propres ressources, de piloter des projets d’infrastructure majeurs et de redessiner les contours de la coopération continentale. La participation des institutions financières internationales s’inscrit désormais dans une logique de partenariat équilibré et d’avantages mutuels, témoignant de la maturité croissante de l’architecture financière et institutionnelle africaine.
La percée réalisée dans le financement de la ligne de Lobito dépasse le simple cadre d’un projet d’infrastructure : elle constitue un marqueur fort de l’avènement d’une ère nouvelle d’autonomie économique africaine. Avec le soutien de l’AFC, l’Angola se voit offrir l’opportunité non seulement de restaurer un système de transport vital, mais aussi de consolider son statut de hub de transit majeur pour une vaste région du sud du continent — ouvrant ainsi, pour le pays et ses partenaires, de nouvelles perspectives de croissance et d’intégration.
